COLLOQUE SUR LE CENTENAIRE DE LA FMPOS

ARGUMENTAIRE
Fondée en 1918, l'École de Médecine de l'Afrique Occidentale Française célèbre en 2018 son centenaire. En effet, après la Grande Guerre (1914-1918), la promotion du progrès économique et social des colonies est inscrite dans les priorités du projet de mise en valeur coloniale. La protection de la population africaine contre la maladie et la mort suggère la création de services sanitaires et le renforcement du personnel médical. C’est dans ce contexte que fut créée par décret du Président de la République française, le 14 janvier 1918, l’École Africaine de Médecine de Dakar chargée d’assurer la formation d’un personnel médical et paramédical local africain tels que les aides médecins, sages-femmes, infirmières-visiteuses destinés au Service d’Assistance Médicale Indigène créé par arrêté du 8 février 1905.

L’École de Médecine de l’AOF a ouvert ses portes, à Dakar, le 1er novembre 1918, sous la direction d’Aristide Le Dantec qui assure en même temps la fonction de directeur de l’Hôpital Central Indigène créé en 1913. L’école, baptisée pendant un bon moment Jules Carde, est transformée en École africaine de médecine et de pharmacie dont le siège est fixé à Dakar par Décret du11 août 1944.

En juillet 1953, l'Ecole de Médecine, Pharmacie, Sages-femmes, Vétérinaires cesse de fonctionner pour devenir la même année, École préparatoire de médecine et pharmacie de Dakar. A sa fermeture en juillet 1953, elle avait déjà formé 32 promotions comprenant 582 médecins, 87 pharmaciens et 447 sages-femmes.
Durant toute cette période, la quasi-totalité des enseignants appartient au Corps de santé colonial. A partir de 1927, date de la création des concours internes, les chefs de service sont des agrégés du Corps de santé colonial. Les directeurs, à la suite de Le Dantec, sont des médecins coloniaux à l'image de Dejou, Bergeret et Sohier.
Le 24 février 1957, est créée officiellement l’université de Dakar dans laquelle est intégrée l’École de Médecine, transformée en École Nationale de Médecine et Pharmacie en 1958.

Érigée au rang de faculté en 1962, l’École de Médecine accueille chaque année, de nombreux étudiants étrangers de dizaines de nationalités. Depuis l'accession du Sénégal à la souveraineté internationale, la FMPOS a pu assumer l’héritage sous la conduite de doyens français et sénégalais :

Professeur Maurice Payet (1908-1993) de 1950 à 1967 Malgache d’origine. Spécialiste en pathologie tropicale et générale des Africains. Il est nommé Directeur de l’École Africaine de Médecine de Dakar nouvellement créée, avant de devenir le premier doyen avec la transformation en faculté.

Professeur Robert Pierre François CAMAIN (1915-2005) de 1967-1968. Spécialiste en Histologie-Embryologie

Professeur Marc Henri Christian SANKALE (1921 – 2016) Doyen de 1968 à 1976. Il est spécialiste de Médecine interne - Maladies tropicales. Il est le premier africain agrégé de médecine générale.

Professeur Ibrahima Mar DIOP (1921- 2008) Doyen de 1976 à 1986. Il est spécialiste d’infectiologie et de Biologie appliquée à l’Education physique et aux sports. Etant Doyen de la FMPOS de l’UCAD et Président de la Conférence des Doyens, il a réussi avec ses pairs à mettre en place le Cames dont le premier concours eut lieu à Dakar en 1982. Il est l’initiateur de la Conférence des Doyens de Facultés de Médecine d'Afrique noire d'expression française

Professeur René Doufy NDOYE (1934-2003) Doyen de 1986 à 2000. Il est spécialiste de Biophysique. Il a été Membre de la Société française de Biophysique et de Médecine Nucléaire et de l'Agence internationale de l'Energie Atomique (AIEA) des Nations unies.

Professeur Doudou THIAM Doyen de 2000 à 2006. Il est spécialiste d’hématologie.

Professeur Cheikh Saad Bouh BOYE Doyen de 2007 à 2010. Il est spécialiste de Microbiologie. Il est le premier Pharmacien à être porté à la tête de la Faculté.

Professeur Abdarahmane DIA Doyen de 2010 à 2014. Il est spécialiste d’Anatomie.

Professeur Amadou DIOUF de 2015 à nos jours. Il est spécialiste de Toxicologie.

Aujourd'hui, la FMPOS compte 6635 étudiants provenant de 26 nationalités inscrits en formation initiale (Médecine 4537, Pharmacie 1842, Odontologie 436) et 2362 étudiants inscrits en formation continue.

Considérée comme l'une des premières facultés de médecine et de pharmacie du continent africain, la première école multinationale, ouverte en Afrique occidentale française en 1918, célèbre ses cent ans. Toute la période durant, des réformes diverses et variées, voire des mutations profondes se sont succédé, sous-tendues par le contexte historique, économique et/ou politique de l’époque. Au demeurant, il est important de noter, dans ce processus, une constante : la centralité de la structure dans le dispositif de la formation, de l’enseignement, de la recherche et de la prise en charge des questions sanitaires à l’échelle nationale et continentale aussi bien sous la colonisation que durant la période postcoloniale.
Sur le plan politique, des médecins africains à l'image d' Houphouet Boigny du RDA, Majmouth Diop du PAI, etc, issus de l’École Africaine de Médecine de Dakar ont été parmi les figures de proue du mouvement nationaliste africain. Aujourd'hui, l’École Africaine de Médecine de Dakar est devenue un patrimoine historique pour la plupart des pays anciennement colonisés par la France.

Le centenaire de la FMPOS offre aux spécialistes des sciences biomédicales et sciences sociales, aux historiens, l’opportunité de revisiter cette période de rupture majeure dans l’histoire du Sénégal.
C’est tout l’enjeu de la tenue de ce Colloque international qui place la FMPOS au cœur du débat, pour identifier les pistes de solutions salvatrices pour l’évaluation, voire la refondation de la structure dans un contexte de mondialisation irréversible et face aux enjeux du monde de demain.

AXE :

Les communications au colloque se structurent autour de trois thèmes :

L’École de Médecine d’hier
La FMPOS a une histoire, qui est prise ici au sens large, qu’il s’agit de revisiter. Ceci permettra de questionner le rôle et la place de l’Ecole dans le passé. Les approches se situeront dans une optique d’étude historique. Ainsi, le champ des communications s’inscrit dans une approche globale qui permet de saisir la problématique de L’École de Médecine d’hier à travers divers domaines : son contexte de création, les enjeux de l’époque, les profils d’entrée et de sortie, sa gestion, politique, pédagogique, son évolution, l’environnement, les curricula, la contribution des médecins africains dans le développement économique, politique et social du continent, etc.

La FMPOS d’aujourd’hui
L’Université, ici ou ailleurs, est de nos jours perturbée par des crises cycliques conjoncturelles ou endémiques d'un monde caractérisé par l’avancement rapide et l’accumulation du savoir dans tous les domaines de la vie, et par l’intensification des échanges et des influences entre les cultures. Il s’agit alors de questionner le statut et la nature des sciences et des savoirs médicaux (académiques, empiriques ou professionnels, populaires et locaux, hybrides..) enseignés et mobilisés pour aborder le monde d’aujourd’hui. Conséquemment, il importe d’appréhender l’articulation entre l’enseignement, le marché de l'emploi, le partage et la co-construction des savoirs et l’élaboration des programmes de formation et d’enseignement ainsi que des curriculums de compétences, les nouvelles technologies, etc.

La FMPOS face aux enjeux du monde de demain
L’avenir n’est pas un endroit déjà bâti, aménagé et organisé. Ce monde de demain, c’est nous qui l’inventons et le construisons maintenant. Ce faisant, nous devons changer de paradigmes. Ainsi, l’objectif de cet axe est d’interroger la place de la création de nouvelles idées dans une approche systémique et prospective, mais aussi d’appréhender les changements individuels ou collectifs nécessaires. Face aux enjeux du monde de demain, il devient nécessaire de repenser autrement la FMPOS.
Les communications dans cet axe porteront alors sur les dispositifs et les pratiques de formation permettant de favoriser la créativité et l’innovation dans les domaines du numérique et des médias. Celles qui porteront sur la place du numérique (MOOC, universités virtuelles, FOAD ou mixtes, etc.) interrogeront le côté réellement innovant du numérique sur le plan pédagogique pour aller au-delà des aspects technologiques. Les communications pourront aussi prendre l’angle des analyses de pratiques et des approches ergonomiques, favorisant les innovations dans les pratiques. Ces communications peuvent donc porter sur les différents moments de la formation tout au long de la vie, la formation initiale, continue, professionnelle, le profil du produit fini sorti de l'institution, dans l’optique d’un monde en changement.