Félix Houphouët-Boigny

Photo Félix Boigny

Originaire d'un petit royaume Akouè polythéiste, Houphouët-Boigny était le fils d’un dénommé Houphouët qui lui donne à l’origine comme prénom Dia, pouvant signifier dans sa langue, prophète ou magicien. Le nom de son père provient du Baoulé. Ce nom expiatoire est donné aux enfants nés aux abords d'un village ou dans une famille où plusieurs enfants sont morts successivement avant sa naissance. De son nom d'origine Dia Houphouët, il y ajoute postérieurement le nom Boigny signifiant le bélier en Baoulé.

A 5 ans, son destin s’affirmait déjà. Car étant le neveu de la reine Yamousso et du chef du village Kouassi N’Go, Dia Houphouët-Boigny est promu roi de la tribu des Akoué. Ce, après l’assassinat de Kouassi N’ Go en 1910. A cette époque le jeune Houphouët est appelé à lui succéder à la tête de la chefferie. Mais à cause de son jeune âge son beau-père devient le chef étant donné son vrai père était déjà mort. Compte tenu de son rang, l’administration coloniale décide de l’envoyer à l’école du poste militaire de Bonzi situé près du village. Puis, en 1915, à l’école primaire supérieure de Bingerville, ce malgré les réticences de sa famille.

Cette même année à Bingerville, il se convertit au christianisme, considérant cette religion comme le signe de la modernité et un obstacle à l'islamisation : il se fait baptiser Félix Brillant élève, il intègre, en 1919, l’École normale William Ponty où il obtient son diplôme d’instituteur et enchaîne, en 1921, avec l’École de médecine de l'AOF devenue aujourd’hui la faculté de médecine de pharmacie et d’odontologie dont il sortait major en 1925. Ces études de médecine étant enseignées de manière incomplète par le colonisateur, Houphouët ne peut prétendre qu'à la carrière d'un « médecin africain », médecin au rabais. Le 26 octobre 1925, Houphouët commence sa carrière en tant que médecin-auxiliaire à l’hôpital d’Abidjan où il fonde une « Amicale » regroupant le personnel médical indigène.

L’entreprise tourne court ; l’administration coloniale voit d’un très mauvais œil cette association qu’elle assimile à une formation syndicale et décide de le muter, le 27 avril 1927, au service de Guiglo où les conditions sanitaires sont particulièrement éprouvantes. Toutefois, faisant preuve de véritables aptitudes professionnelles, il est promu à Abengourou, le 17 septembre 1929, à un poste réservé, jusque-là, aux Européens. À Abengourou, Houphouët est confronté aux injustices dont sont victimes les cultivateurs de cacao indigènes exploités par les colons. En 1932, il décidait d’agir, en prenant la tête d’un mouvement de planteurs africains hostile aux grands propriétaires blancs et à la politique économique du colonisateur qui les favorise.

Le 22 décembre, il rédige, sous un pseudonyme, un article engagé « On nous a trop volés » qui paraît dans un éditorial socialiste publié en Côte d’Ivoire, le « Trait d’union » L’année suivante, Houphouët est appelé à prendre ses fonctions de chef de village mais préférant poursuivre sa carrière, il désiste en faveur de son frère cadet Augustin. Cependant, afin de se rapprocher de son village, il obtient sa mutation à Dimbokro le 3 février 1934 puis à Toumodi le 28 juin 1936.

Si jusque-là, Houphouët a fait preuve de réelles qualités professionnelles, son attitude déplait ; en septembre 1938, son chef de service lui demande de choisir entre son poste de médecin et son engagement dans la politique locale. Le choix est fait en 1939, son frère ainé décède, il lui succéda alors à la tête du royaume. Fondateur du rassemblement démocratique africain, il milite pour l’indépendance de l’Afrique.

En 1958, la Côte d’Ivoire acquiert son indépendance au sein de la Communauté Française. Houphouët Felix Boigny profite de cette nouvelle position pour proclamer l’indépendance du pays et accède à la fonction présidentielle le 1er mai 1959. Un portefeuille qu’il occupera jusqu’à sa mort en 1993 à Yamoussoukro à l’âge de 88 ans.